Arnaud Le Gall

02juin 2026

Liban : face à la guerre menée par Israël et aux crimes de Netanyahu , la France doit agir ! Ma Question au Gouvernement

Au Liban l’armée israélienne a passé le fleuve Litani, réalisant l’invasion la plus profonde depuis plus de 25 ans. Elle appelle à évacuer Nabatie. Déjà, des ministres israéliens pressent Netanyahou de « raser la banlieue sud de Beyrouth », rêvant tout haut d’un « grand Israël » qui s’étendrait au Liban comme en Cisjordanie.

Les annonces et les contre-annonces ne doivent pas dissimuler l’essentiel : Israël mène depuis l’automne 2024 une guerre contre le Liban, au mépris du droit international et des engagements de cessez-le-feu. Je dis bien une guerre contre le Liban, parce que le Hezbollah n’est qu’un prétexte. Tel-Aviv veut un Liban impuissant, meurtri, fracturé.

Nous le disons depuis des mois.

Et inlassablement nous rappelons le bilan : 1133 morts depuis le cessez-le-feu du 17 avril, plus de 3400 morts depuis le 2 mars,  près de 7000 depuis 2024 ; des dizaines de milliers de blessés ; plus d’un million de déplacés. Des journalistes et des secouristes ciblés délibérément. 11 enfants tués chaque jour, en moyenne, cette semaine, selon l’UNICEF. Des terres agricoles recouvertes de défoliant, des villages intégralement rasés.

M. Netanyahou et ses ministres suprémacistes ne s’arrêteront pas d’eux-mêmes. Ils méprisent le droit. Ils n’ont que faire des condamnations molles. Il faut des actes.

La France est liée au Liban par des siècles d’histoire. Nous lui devons plus que des bonnes paroles.

Le président Macron a déclaré dimanche que « rien ne justifiait l’escalade majeure en cours au Sud-Liban ». Vous-même avez parlé de « faute majeure » d’Israël. Encore un effort et vous dénoncerez ces actes pour ce qu’ils sont : des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité, sur fond de négation du droit international.

Malheureusement, chaque déclaration contredit la précédente. Et votre politique au Proche-Orient est illisible. La faute n’en incombe pas à nos diplomates, pas à notre ambassadeur à l’ONU, qui subit les foudres du président. La défaillance est politique.

Au lieu de tergiverser, la France va-t-elle prendre, à l’ONU, la tête d’un front contre l’invasion du Liban et pour le retrait immédiat de l’armée israélienne ? Va-t-elle enfin exiger la suspension des accords de coopérations qui lient l’Union européenne à Israël ?