Arnaud Le Gall

15juillet 2026

Loi relative au droit à mourir dans la dignité

🔴 Aujourd’hui, l’Assemblée nationale a adopté la loi relative au droit à mourir dans la dignité.

Ce texte touche aux convictions les plus intimes. Chacun peut voter en conscience, pour des raisons philosophiques, éthiques ou religieuses.

Ces positions méritent le respect. En revanche, le débat ne peut pas reposer sur des contre-vérités ni sur des peurs instrumentalisées.

On entend depuis des mois des arguments alarmistes et manipulateurs : une prétendue banalisation de la mort, une rupture du pacte de soin, ou encore l’idée que la société pousserait les plus vulnérables à disparaître. Certains courants traditionalistes religieux ou de la droite la plus conservatrice invoquent une culture de mort ou une atteinte absolue à la dignité humaine, comme si toute possibilité de choix individuel en fin de vie constituait en soi une dérive morale. D’autres agitent le spectre d’une pression sociale sur les personnes âgées, malades ou handicapées.

Ces inquiétudes doivent être entendues. Mais il n’est pas acceptable que certains les alimentent en mentant sur le contenu réel du texte. La vigilance sur les conditions d’accès, sur la protection des personnes vulnérables et sur les représentations sociales du handicap est essentielle. Mais cette vigilance ne justifie pas les amalgames ni les procès d’intention.

Non, cette loi ne met pas en place une politique eugéniste. Non, elle ne conduira pas à tuer des patients contre leur volonté. Non, elle n’obligera aucun médecin à pratiquer un acte contraire à ses convictions , la clause de conscience restant pleinement garantie. Et non, il ne suffira pas de demander pour obtenir un produit létal.

Le texte est entouré de conditions strictes : seuls des critères cumulatifs permettent d’accéder à ce droit, après une procédure médicale très encadrée, avec une volonté libre et éclairée exprimée jusqu’au dernier moment, un avis collégial, des délais de réflexion et la possibilité, à tout instant, de renoncer.

On peut être opposé à cette loi. Mais on ne devrait pas l’être au prix de caricatures ou de peurs entretenues artificiellement. En tant qu’humaniste, je considère que le droit à mourir dans la dignité est une immense progrès. Mais je respecte celles et ceux qui, en toute bonne foi, y sont opposés. La limite étant le mensonge, le caricature, les accusations d’eugénisme ou de validisme portées par des manipulateurs.

Sur un sujet aussi grave, nous devons du respect aux malades, à leurs proches, aux soignants, et à celles et ceux qui, en conscience, ont voté selon leur conviction philosophique, selon les enseignements tirés des échanges avec des partisans comme des opposants à ce droit, et aussi selon leur histoire personnelle et celle de leurs proches.