05septembre 2023
Loin des campagnes de division, la réalité de l’école publique à la rentrée 2023
Hier Gabriel Attal s’est félicité du respect de la règle qu’il a fixée sur les abayas, dans le cadre de sa campagne de division, et de diversion pour occulter la réalité de l’état de l’école publique en cette rentrée 2023.
Cette réalité, la voici ⤵
La France a les classes les plus chargées de l’Union Européenne avec 26 élèves au collège contre moins de 21 dans tous les autres pays. On recense des classes à 35 en lycée, 30 en collège et parfois même en primaire. Et pour cause, près de 2000 classes ont été fermées pendant l’été !
Gabriel Attal affirmait qu’il y aurait un•e enseignant•es devant chaque élève à la rentrée. C’était un mensonge sur lequel il revient en admettant « des difficultés ». Nous l’avions annoncé. La réalité des 3100 postes d’enseignant•es non pourvus aux concours enseignants rattrape le gouvernement.
Rappelons que la revalorisation historique de 10% annoncée par Macron était tout aussi mensongère et s’est transformée en un « pacte enseignant » rejeté massivement par les enseignant•es. La désertion du métier est réelle, avec des enseignant•es qui, en début de carrière, perçoivent 1,1 SMIC avec un niveau d’études à Bac+5 et de lourdes responsabilités.
Pour combler les trous, le recours aux contractuel•les embauché•es à la va-vite lors de « jobs dating », sans réelle vérification de leurs compétences et leur capacité à enseigner, devient LA solution. Et ces contractuel•les sont ensuite envoyé•es devant les élèves sans formation ou presque.
Même ces expédients ne suffisent pas pour qu’il y ait un•e enseignant•e devant chaque élève en cette rentrée. Plusieurs cas de postes non pourvus nous ont été remontés dans la 9ème circonscription du Val-d’Oise mais aussi partout en France.
Par ailleurs la santé mentale des jeunes se dégrade, en partie en raison de la catastrophique réforme du lycée voulue par Macron et Blanquer, comme le pointe un récent rapport de l’inspection générale de l’éducation. Dans une interview accordée hier, Macron stigmatisait une nouvelle fois le corps pédagogique en regrettant « un manque de bienveillance dans le système scolaire » pour la santé mentale des jeunes.
La réalité ? Il y a dans l’éducation nationale 1 médecin scolaire pour 16 000 élèves, 1 infirmière pour 2000 élèves, 1 psychologue pour 2500 élèves. Par exemple, dans le bassin de Fosses, où je suis élu député, l’infirmière scolaire assure le suivi de… 2660 élèves sur plusieurs communes et établissements !
Quant aux élèves en situation de handicap, 23% d’entre eux n’avaient, à la rentrée, aucune solution de scolarisation. Dans la 9ème circonscription du Val-d’Oise, plusieurs écoles nous ont fait part d’élèves en situation de handicap sans AESH, alors que ce droit est gravé dans la loi. Le gouvernement le sait, mais refuse pourtant de revaloriser le métier d’AESH en offrant des conditions de travail et un salaire à la hauteur de l’importance et des responsabilités de ce métier.
Par ailleurs, en cette rentrée 2023, près de 2000 enfants sont à la rue, se nourrir coûte 25% plus cher qu’en 2022, on dénombre 100 000 enfants précaires mal ou non scolaris•és, notamment en Outre-mer. C’est la raison pour laquelle le groupe parlementaire LFI-NUPES propose 19 mesures d’urgence pour l’enfance : https://lafranceinsoumise.fr/2023/09/05/enfance-notre-plan-durgence/
Enfin, les associations d’aide alimentaire alertent : elles n’ont jamais eu autant de bénéficiaires au point que les Restos du cœur ont un trou de 35 millions dans leur caisse… La France compte près de 3 millions de millionnaires, mais le gouvernent laisse des enfants et leurs parents avoir faim.
Toutes les diversions glauques ne changeront rien à ces faits.